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Connaître les aléas

Les aléas érosion et submersion marines font l’objet de suivis à différentes échelles, et de façon plus ou moins exhaustive et précise selon les méthodes employées.

Les données connues et disponibles :

L’Indicateur National d’Erosion Côtière (INE) publié en 2011 et mis à jour en 2018 par le Cerema fournit pour tous les littoraux français, une donnée d’érosion homogène, obtenue à partir de la même méthodologie (évolution de la position du trait du trait de côte numérisé sur 2 séries de photographies aériennes). Les couches de données SIG sont disponibles sur le Géoportail. Ces données ont servi de base à l’élaboration d’un indicateur d’érosion, par carré de 200 m de côté sur l’ensemble du littoral breton. Ces données sont disponibles par commune ou intercommunalité dans l’application OSI.

Ce type de données n’existe pas pour les submersions marines car elles sont le fruit d’évènements ponctuels qui doivent être observés au moment de leur survenue. Cependant, il est possible d’identifier les zones potentiellement submersibles, comme cela a été fait et rendu disponible dans l’application OSI, en combinant l’inventaire des zones basses produit par le Cerema avec l’atlas des niveaux marins centennaux (produit SHOM, Cerema, IGN).

L’acquisition de données supplémentaires :

Pour le suivi des aléas, des suivis locaux peuvent aussi être réalisés (suivi de l’évolution du trait de côte, localisation et superficies submergées), conduisant à une donnée plus précise sur les secteurs concernés. Deux types d’acquisition sont alors envisagées : l’une s’appuie sur les méthodes et les techniques employées par les acteurs des observatoires locaux (chercheurs, gestionnaires des territoires, …) impliqués dans les suivis déjà existants de sites littoraux (dans le cadre de l’Observatoire du Domaine côtier de l’IUEM-UBO, par exemple, ou celui du Service National d’Observation DYNALIT, au niveau national). Ces suivis peuvent consister en campagnes répétées de mesures topo-morphologiques utilisant diverses techniques et outils, ou en un travail d’analyse diachronique de données d’imagerie (photographies aériennes, images satellite) ou de cartes anciennes.
Pour les autres sites non suivis dans ces cadres, il est possible pour les acteurs locaux de mettre en place un suivi équivalent en privilégiant les méthodes et outils ne demandant pas de matériels onéreux ni de compétences techniques spécifiques. Des protocoles de collecte de ces données ont ainsi été élaborés qui permettent d’utiliser, selon les compétences et matériels de mesure disponibles dans les communes et EPCI, des moyens techniques plus ou moins sophistiqués d’acquisition. Ces protocoles couvrent les suivis photographiques de sites jusqu’aux levés topographiques de profils de plage ou de falaise, ou encore de trait de côte sur des secteurs littoraux. Un ensemble de fiches décrivant la mise en œuvre de ces différents protocoles sera bientôt disponible.

Les sciences participatives au service du suivi du trait de côte : l’application « CoastAppli »

Des gestionnaires sont motivés pour suivre les aléas mais manquent de temps pour le faire. Par ailleurs, les solutions de gestion proposées ne sont pas toujours bien reçues par le public, compliquant le dialogue autour de la gestion des risques.
L’idée a donc germé de mettre en place une application nommée « CoastAppli » pour faciliter l’acquisition de la donnée et permettre au grand public de participer et s’intéresser à ces problématiques de dynamiques côtières.
L’UBO fait partie du consortium EUR ISblue (IMTA, Ifremer, ENSTA, ENIB…) qui accompagne le projet pour coconstruire avec des gestionnaires, étudiants et scientifiques un projet de formation pour créer cette application (projet sur 3 ans, 2019-2022)
Plus d’informations auprès de Pauline Letortu, porteuse du projet : pauline.letortu[a]univ-brest.fr