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Répondre à l’appel à projet « relocalisation » ?

L’option de réduire le risque en supprimant les enjeux les plus exposés correspond à ce que l’on a successivement appelé le recul ou repli stratégique, puis depuis le rapport sur la stratégie de gestion du trait de côte (Cousin, 2011), la relocalisation des activités et des biens. Ce glissement sémantique est révélateur des efforts faits par l’Etat pour tenter de réduire l’aversion que cette option suscite auprès de la plupart des acteurs locaux. Si retrait fait penser à une perte sèche, relocalisation au contraire évoque des qualités d’adaptation valorisées par les politiques liées au changement climatique (ONERC, 2009) et implique surtout d’inscrire la démarche dans une dynamique de recomposition territoriale (Cousin, 2011). On peut y voir la promesse d’un engagement de l’Etat à reconstruire ailleurs et donc une compensation explicite pour les propriétaires voire des opportunités de développement pour les collectivités locales.

C’est dans cet esprit que le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a donc lancé en mars 2012 l’appel à projet Expérimentation de la relocalisation des activités et des biens : recomposition spatiale des territoires menacés par les risques littoraux.

Comme on pouvait s’y attendre, cet appel n’a pas suscité un engouement exceptionnel de la part des collectivités territoriales auxquelles il était adressé. En effet, on comprend aisément que peu de maires soient enthousiastes pour afficher la volonté d’expérimenter cette option ; le retrait étant très impopulaire, tenir cette position apparaît, notamment électoralement, risqué.

Ainsi, cinq réponses, toutes lauréates, ont été adressées au ministère : la commune d’Hyères, la communauté d’agglomération Hérault Méditerranée (pour la commune de Vias), le syndicat mixte Baie de Somme Littoral Picard (pour la commune d’Ault), le groupement d’intérêt public (GIP) Littoral Aquitain (pour les communes de Lacanau, la Teste-de-Buch et Labenne) et la communauté d’agglomération du Nord Basse Terre en Guadeloupe (pour la commune de Petit-Bourg). Ces cinq projets pionniers, qui s’inscrivent dans des échelles et des logiques territoriales assez différentes les unes des autres (tourisme balnéaire, infrastructures routières, réaménagements urbains, dernier recours face à la destruction inexorable d’enjeux bâtis…), vont donc permettre d’avancer plus concrètement sur cette option. Ils reflètent la position d’élus engagés, convaincus du poids grandissant des responsabilités et des coûts liés aux risques côtiers ou (et) qui voient dans cette expérimentation des opportunités de développement.

Pour Plonévez-les-flots, outre la réticence de nombreux acteurs locaux, la disponibilité d’espace pour penser la relocalisation des biens et des activités sur la commune pose un problème majeur. Les solutions se trouvent probablement à l’échelle de l’intercommunalité.